La phobie de l’engagement

Bonjour chers lecteurs !

Parlons maintenant de la phobie de l’engagement, une crainte à l’origine de bien des ruptures…

Définition : Il s’agit d’une peur irrationnelle pour les relations sérieuses en général et l’engagement en particulier.

A quoi est-elle due ? Elle s’explique généralement par le passé affectif et/ou familial de la personne concernée. Plus il s’agit d’une blessure lointaine et plus elle est fortement ancrée chez elle.

Exemples : Divorce des parents, Histoires d’ex, Traumatisme lié au sexe opposé…

 

Oliver Queen

Je suspecte Oliver Queen d’être un phobique de l’engagement…

Comment se manifeste-t-elle ?

La personne qui souffre de cette phobie se reconnaît par son instabilité et son indécision concernant des projets futurs sur le plan sentimental. Il existe 3 types de phobiques selon l’intensité de sa crainte, la profondeur de son traumatisme.

1. Le phobique pur préfère rester célibataire plutôt que prendre le risque de s’attacher à quelqu’un et se voir lié par une relation sérieuse.

2. Le phobique moyen stoppe généralement ses relations au bout de quelques mois lorsqu’après la phase de séduction le couple devient plus intime. Il trouve alors un prétexte pour terminer la relation subitement, à la grande surprise de son ou sa partenaire.

3. Le phobique léger arrive à maintenir plus longtemps ses relations mais stoppe tout lorsqu’il est question de se projeter davantage dans l’avenir, voire d’officialiser la relation.

Le schéma de ses relations est semblable aux montagnes russes. On le reconnaît car il peut passer de l’euphorie « Je t’aime fort mon amour » au drame « Non ça peut plus continuer comme ça! » en quelques jours à peine !

Séduction – Intimité – Amour profond – Rupture brutale – Réconciliation – Séduction… c’est un cycle infini qui se relance à zéro à chaque fois dès qu’il est question de se positionner pour l’avenir ou que les partenaires sont trop proches sur le plan affectif.

Dans l’inconscient du phobique, attachement = danger et sa solution est la fuite.

Bien souvent il expliquera son départ par des excuses peu crédibles ou bizarres car n’est pas toujours bien conscient du véritable motif de sa fuite. Il sent simplement qu’il a besoin de s’éloigner.

Cette fuite permet au phobique de tout reprendre de zero, avec le même partenaire ou un autre. En effet, à l’issue de la réconciliation les projets futurs sont naturellement repoussés par cette rupture inattendue, généralement considérée comme le signe d’un couple « pas encore prêt ».

Que faire face à un phobique de l’engagement ?

1. Comprendre son fonctionnement : Il est important de saisir pourquoi il a peur mais surtout de faire preuve de compréhension à son égard. (Ne pas confondre compréhension de l’autre et acceptation du cycle infini)

2. Se dé-culpabiliser : Évitez de vous laisser entraîner aussi dans un gouffre émotionnel en croyant ce qu’il vous raconte ou en cherchant dans votre comportement ce qu’il faut encore perfectionner. Sinon vous serez vous aussi bon pour une psychanalyse !

3. Ne pas entrer dans son schéma, car il est infini ! Cela ne vous rendra pas service à tous les deux. Il faut l’inciter par votre fermeté à consulter un professionnel qui l’aidera à se libérer de ses fantômes du passé. Cassez le cycle et n’acceptez la réconciliation qu’à une seule condition : qu’il réalise ce à quoi il est sujet et qu’il accepte de faire un travail sur lui-même à ce sujet.

Est-ce irréversible ?

On peut en guérir comme pour toutes les phobies qu’avec de la volonté. Je suggère un plan d’attaque en 3 points :

1. Réaliser qui on est et pourquoi. Se renseigner d’abord, voir si effectivement on entre dans cette catégorie. Plusieurs ouvrages existent sur le sujet.

Bibliographie : « Ces hommes qui ont peur d’aimer » et « Ces femmes qui aiment trop » sont deux ouvrages complémentaires très intéressants. « Pourquoi ça casse alors que ça pourrait marcher« , peut également vous aider à trouver des éléments de réponse.

2. Volonté de progresser pour son bien-être et celui de la personne qu’on aime. Prendre la décision de se débarrasser d’une phobie et de changer est un pas important en lui-même. Cette décision ne peut venir que de la personne concernée.

3. Faire appel à un professionnel (psy, conseiller conjugal, coach…) pour se libérer de ce fardeau nommé « passé » et enfin vivre pleinement sa vie. On peut difficilement y arriver seul et/ou en amateur.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire : Tenter de l’accepter « tel qu’il est » ne vous rendra pas service à vous comme à l’autre. Imaginez un instant une vie sans jamais pouvoir penser à demain, dans six mois, dans un an… et jamais à l’abri d’une nouvelle rupture brutale injustifiée. Vous ne tiendrez pas longtemps à ce rythme. Encouragez votre partenaire à travailler sur lui pour son bien et pour le bien de votre relation. Et incitez-le à en discuter ensemble, sans lui jeter la pierre.

Ici, un article très complet sur le sujet mais qui traite principalement des hommes phobiques de l’engagement (généralement plus touchés).

Post-Scriptum : On est en droit de s’interroger sur la volonté d’engagement des personnes qui s’attachent aux phobiques de l’engagement. Est-ce qu’elles ne sont pas finalement elles aussi rassurées par cette phobie ?

 

Voilà !

Bonne chance et surtout bon courage à vous, si vous êtes dans cette situation.

Ly

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  1. #1 par littlelilyofthevalley le décembre 7, 2010 - 9:01

    Coucou Ly, je suis de retour ici ! (lily de gardelapêche)
    J’ai changé de blog et par la même occasion j’ai oublié mes bonnes habitudes, comme passer par ici régulièrement. Alors je me rattrape ce soir !
    Cet article me touche particulièrement, car je suis depuis 6 mois avec une phobique moyen. Il m’a quitté au bout de 3 mois car il doutait d’être amoureux. Mais quelques jours après la rupture on s’est remis ensemble dans l’idée de ne plus voir ni les amis ni la famille de l’autre…
    ça fait donc 3 mois dans une relation quasi non-officielle !
    le problème vient effectivement de l’enfance (sa mère lui répète qu’il n’était pas voulu, depuis qu’il a l’âge de comprendre…) mais il refuse d’aller voir un psy. Au fur et à mesure, je sens qu’il se rattache à moi et la seule chose que j’essaye de changer, c’est de lui donner la confiance en lui que sa mère ne lui a jamais donné. Je ne sais pas si c’est une bonne solution…
    Dis moi ce que tu en penses stp 🙂
    A bientôt miss !
    Lily

    • #2 par Ly le décembre 8, 2010 - 4:32

      Avec les phobiques on a toujours l’impression que les choses s’arrangent jusqu’à la prochaine crise. Attention car la pire chose à faire est de trop les couver : ça légitime tous leurs actes et parfois des choses assez blessantes émotionnellement (tout plaquer subitement, faire des reproches injustes… et être pardonné ensuite !)
      Ensuite le fait d’être dans une relation « non-officielle » c’est aussi rentrer dans son cycle de non-implication. Même si pour un début de relation c’est mieux d’y aller en douceur, n’oublie pas que vous ne pourrez pas rester cachés éternellement.
      Pour conclure, renforcer votre lien de confiance c’est bien, mais lui fournir des excuses pour justifier son recul n’est pas une solution. Tu risques d’en faire les frais plus tard. Je te conseille de bien marquer les limites de ce que tu acceptes ou pas, et de ne pas le traiter comme un enfant à qui on passe tous les caprices, car le respect est la première chose qui lui fera t’aimer plus encore.
      Bon courage et merci de me lire assidument ! 🙂
      Ly

  2. #3 par Shany le janvier 15, 2011 - 7:34

    Bonjour,
    Enfaite depuis hier je ne cesse de lire des articles sur la phobie de l’engagement, ou encore des témoignages.
    Il se trouve que je m’y reconnais fortement, mais à la base je ne m’en douter pas.
    J’ai eu plusieurs relations sérieuses dont la dernière qui a durée 3ans et qui s’est terminé il y a une semaine à peine.
    Principalement c’était une question d’autonomie, je n’aime pas que l’on dépende de moi, j’ai 23 ans, ça fait 1ans que je vis toute seul et je veux garder cette liberté, je me sens pas prête pour le mariage, la vie en couple, non pas maintenant. Tout à commencer quand il a commencé à vouloir que l’on emménage ensemble, puis les présentations à la famille, le fait de parler de dote ou encore de mariage….
    Tout ceci ont fait que je l’aimais mais je ne pouvais être heureuse (c’est le sentiment que je ressentais), j’avais l’impression d’être enfermé », un lion en cage qui ne pouvais profité librement de la vie, je lui ai fait comprendre, mais il n’a pas vraiment compris étant donné que pour lui j’étais LA femme de sa vie mais moi de mon côté je n’ai été aucunement triste hormis 2jours où je me suis sentis seul mais après je m’y suis fait et voilà je me sens heureuse et libre.

    Mais jusqu’à présent je ne pouvais comprendre pourquoi j’étais comme cela.
    Auparavant c’est toujours moi qui lâchais mes copains, une semaine après le début la relation, des mois après, juste au moment où je sentais qu’il m’aime. Je disais me lasser des hommes (peut être faudrait que je consulte j’hésite, là je me dis que je n’ai pas le temps).
    De plus je suis en licence biologie, je me dis qu’il serait mieux de me concentrer dans mes études après tout je n’ai pas le temps de m’occuper d’un homme.

    Tout s’embrouille dans ma tête, je suis partagé entre un sentiment fort du JE VEUX, JE VEUX PLUS, c’est très agaçant. 😦

    • #4 par Ly le janvier 15, 2011 - 10:09

      Bonjour Shany,

      Merci pour l’intérêt que tu as porté à mon billet et pour ton message.
      Concernant ta situation personnelle, il est probable que tu fasse partie des personnes que j’évoque en parlant de « phobique de l’engagement » mais il ne faut pas s’alarmer trop vite !

      En effet, à 23 ans il est encore normal voire sain d’avoir une soif d’indépendance assez forte pour refuser l’engagement. Ce qui ne signifie pas que ce refus est définitif et durera toute ta vie.
      D’autre part, comme tu le mentionnes aussi, tu es encore dans un cursus étudiant. Ce statut n’est pas toujours compatible avec l’engagement (stabilité, projets), car on se cherche encore professionnellement et psychologiquement (instabilité, doutes, questionnements).

      Enfin, il faut aussi bien mesurer ses sentiments. Parfois on ne se l’avoue pas vraiment mais on n’est pas si amoureux que ça de la personne qui souhaite se voir engagée à nous.
      Tout au plus le sentiment que l’on pense être de l’amour peut résulter surtout d’une profonde affection, nourrie par l’attachement au fil du temps. Mais lorsqu’on aime vraiment il n’y a aucune once d’hésitation sur ce genre de questions.

      En fait tu pourra déterminer que tu es vraiment « phobique » que dans quelques années, lorsque ce comportement aura trouvé sa confirmation dans la répétition des même schémas et une crainte avérée à avoir une relation sérieuse, voire une opinion très négative de l’engagement.

      Mais si à l’inverse tu te sens inquiète de « fonctionner » ainsi ou que tu penses que ce n’est pas encore le bon moment, c’est que tu n’es simplement pas encore prête ou que tu n’étais pas avec la personne qui te convenait vraiment. Il faudra donc laisser le temps faire son oeuvre ! 🙂 (Et les bonnes rencontres aussi)

      En espérant t’avoir aidée au mieux, je te souhaite bon courage dans cette phase que tu traverses.

      A bientôt !

      Ly

  3. #5 par Lady Midnight le novembre 27, 2011 - 6:59

    Bonjour, tout cela est assez bien vu, mais ça reste quand même très théorique ! Car pour ma part, je ne connais pas un seul phobique de l’engagement qui ait accepté de se « soigner » comme condition de la continuation de la relation ! Au contraire, si on connaît un peu la phobie de l’engagement, on sait très bien que ce genre d’ultimatum est le meilleur moyen de faire fuir l’animal une fois de plus ! Car les phobiques DETESTENT cela ! Et par ailleurs, en général les partenaires de phobiques sont des dépendantes affectives donc bien incapables de poser ce genre de condition, par peur de perdre l’autre…

    D’autre part, même si le phobique, par un miracle fort improbable, acceptait de suivre une thérapie, il faut quand même savoir que la guérison ne vient pas du jour au lendemain, ce sont des comportements qui, comme vous le dites très justement, sont profondément ancrés depuis l’enfance et dont il est très difficile de se « déprogrammer »… Donc ça peut prendre de longues années, et la partenaire risque quand même de perdre un peu son temps… D’autant plus que, en général, si elle est attirée par un phobique, c’est qu’il n’y a pas de hasard et que cela résonne dans sa propre histoire… Donc un homme qui ne serait plus phobique n’aurait sans doute plus aucun intérêt pour elle !

    Par conséquent, si je peux me permettre, le SEUL conseil qu’on puisse donner à une partenaire de phobique, c’est de faire un travail sur elles-mêmes pour se détacher de la relation et comprendre pourquoi elles s’y accrochent, car il n’y a pas de hasard ! Tout autre conseil, et en particulier celui de compter sur un fort improbable « guérison » du phobique, ne peut servir qu’à donner de faux espoirs…

  4. #6 par Nawratil Florence le juin 3, 2015 - 11:34

    Bonjour!
    Moi aussi je suis une phobique de l’engagement mais seulement vis-à-vis des demandes amicales des femmes. Phobique de trop de proximité.
    Aucun problème pour m’engager dans une vie de couple avec un homme (je suis mariée et mère de famille)
    aucun problème pour une amitié ou « que copains » avec un homme, je n’ai eu que des « meilleurs amis » et pas de « meilleure amie ». C’est une chance que je ne sois pas lesbienne car alors j’aurais de gros problèmes pour construire un couple.
    Les raisons à cela que j’invoque sont plurielles :
    pour le côté psychologique, c’est que j’ai « déjà eu ma dose » avec ma mère (trop proche, trop intruisive, possessive, affectivement dépendante de moi)
    et pour le côté objectif, social, c’est que je vois les femmes très fragilisées par la modernité et ses exigences d’autonomie. Une société moins libérale que la notre comporte plus de contraintes mais contraint « tout le monde », même les hommes. Donc ceux-ci se montrent plus engagés, responsables, protecteurs, les besoins affectifs des femmes (sécurité, exclusivité, long terme) sont par conséquent plus comblés même si le mariage n’est « pas le pied » pour tout le monde.
    Maintenant on a la liberté, l’amour est plus libre (ça, les hommes n’y trouvent rien à redire) mais les femmes sont insécurisées.
    Elles sont donc très demandeuses (de proximité, d’affection) même en amitié.
    Or en amitié je fonctionne plutôt sur l’échange intellectuel, la distance. Et surtout l’échange autour de valeurs partagées, de vérités objectives (philo, sociologie…)et les femmes sont plus intéressées par le domaine subjectif (enfants, confidences, psychologies). Elles deviennent très vite cramponneuses (plusieurs appels par jour/par semaine, chronophages au téléphone, s’incruster chez moi alors que j’aime être seule avec mes bouquins…)
    Très vite je me sens « envahie » par les amitiés de femmes, et, telle un homme phobique, je romps, je disparais, je « fais la sardine » (= se glisser hors des mailles du filet).
    Je sais: ce n’est pas beau de ma part.

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